L’intrapreneuriat, ou comment entreprendre tout en restant salarié de son entreprise


Tendances
6 mars 2019

Faciliter, au sein de l’entreprise, la création de projets innovants, éventuellement portés dans une entité juridique spécifique, n’est pas vraiment nouveau. Cela remonte aux années 70. Il connaît aujourd’hui un regain d’intérêt. Il faut dire qu’encourager ses salariés à devenir intrapreneurs a de nombreux intérêts : fidéliser les salariés lorsque la guerre des talents s’intensifie et développer l’innovation au moment où les modèles économiques traditionnels sont remis en question.

Devenir salarié-entrepreneur est une solution qui séduit de plus en plus salariés et entreprises. L’intrapreneuriat permet aux salariés de se lancer dans la création d’entreprise avec un important filet de sécurité. Il permet également à l’entreprise d’innover en s’appuyant sur la créativité et le goût d’entreprendre de ses salariés. Bonnes pratiques et mode d’emploi d’une démarche gagnant-gagnant.


L’intrapreneuriat doit être un projet stratégique de l’entreprise


La première condition du succès repose sur un choix stratégique de l’entreprise nécessaire-ment traduit dans une politique claire comprise par tous. Elle doit ainsi envoyer le signal à ses salariés qu’ils peuvent travailler sur des projets pouvant éventuellement aboutir à une création d’entreprise, même si cela nécessite qu’ils y consacrent une partie de leur temps de travail. Certes tous les salariés n’ont pas la fibre entrepreneuriale mais ceux qui le souhaitent doivent se sentir libres de travailler sur leur projet.

Les conditions de l’essaimage doivent être claires et le partage des responsabilités doit être équilibré. Si le salarié assume les risques mais que l’entreprise garde tout le bénéfice d’une nouvelle activité, le projet ne risque pas de fonctionner…

Par ailleurs, le salarié doit être assuré de retrouver son poste en cas d’échec du projet. Sa participation doit être également claire en cas de succès. Sera-t-il associé à une future entreprise ? Aura-t-il des responsabilités en cas de création d’un nouveau service ? Devra-t-il juste se contenter d’une prime ? Là encore le bénéfice doit être équilibré pour éviter la dé-motivation.

Le statut des collègues et des managers du salarié-entrepreneur doit lui aussi être pris en considération pour éviter des jalousies ou de l’inertie. Son projet ne doit pas être perçu comme un avantage ou un détournement de ressources. Pour cela l’équipe qui « perd » une ressource doit recevoir une compensation sous la forme d’une nouvelle ressource et éventuellement d’un budget complémentaire. 

 

Fédérer les ressources internes pour entreprendre


Puisque le nouveau projet intrapreneurial est réalisé au bénéfice de l’entreprise, le créateur doit aussi pouvoir s’appuyer sur des ressources et des compétences internes. Il doit pouvoir échanger avec elles, de manière fluide et informelle comme on le fait dans une start-up. Pas toujours facile à intégrer dans la culture et les habitudes d’une grande entreprise. 

Une bonne solution pour introduire cette fluidité peut-être de réserver un espace in-terne en mode coworking pour que les porteurs de projet puissent collaborer facilement, éventuellement avec des partenaires extérieurs.

Se lancer dans l’intrapreneuriat nécessite donc un gros engagement pour l’entreprise. Si chacun doit se sentir concerné, il est indispensable de mobiliser la communication pour faire passer le message de transformation, les RH pour formaliser le statut du salarié-entrepreneur, mobiliser les acteurs internes ou mettre en place, si besoin, des formations. Sans oublier tous les services techniques pour mettre à disposition les matériels et solutions techniques utiles au projet.

La création d’entreprise comporte toujours des risques, ce n’est pas une science exacte. Elle exige donc un engagement important de l’entreprise qui se lance dans l’intrapreneuriat. Mais comme l’explique Florence Sanson, CEO de Car studio, « L'intrapreneuriat n'a toutefois de valeur que s'il est le fruit d'une stratégie associant les idées de l'interne à celles de l'ex-terne pour combiner le savoir-faire de l'entreprise au pouvoir disruptif des start-ups. »
 

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