Comment manager l’innovation en entreprise, bonnes pratiques et exemples concrets


Tendances
1 avril 2019

Placées sous la double contrainte de la concurrence et d’une époque aux multiples mutations, innover est désormais vital pour les entreprises ; et donc une obsession pour beaucoup de managers. Une injonction au changement difficile à satisfaire lorsque l’on ne dispose pas de toutes les clés. Tour d’horizon des bonnes pratiques pour mieux manager l’innovation en entreprise.

Le sujet est à la mode et très proche de « startup » en volume de recherches depuis plu-sieurs années sur Google. La production académique ou de livres sur ce thème est également très riche et les consultants ou les formations se multiplient pour accompagner les entreprises dans l’innovation.
Il peut paraître contre-intuitif de vouloir manager l’innovation qui, en effet, ne se décrète pas.

Mais, si on veut innover de manière durable et pas seulement lancer un nouveau produit ou service on doit organiser et faire travailler ensemble des individus différents. 

C’est même une obligation pour la prospectiviste Anne-Caroline Paucot : « Dans une équipe il est indispensable de pratiquer un métissage des profils et des compétences pour obtenir de la friction.

C’est la théorie du chaos qui permet de créer un bouillonnement. Vouloir trop rationaliser l’innovation est stérile, cela empêche de faire « le pas de côté », de créer ou d’envisager « le truc » qui n’existe pas. »


Une méthode simple : des principes, pas un modèle


Le processus d’innovation ou la volonté d’innover, doivent donc émaner du ou des dirigeants qui ont la capacité de piloter la transformation induite par l’innovation. Et aussi d’accepter la part de risques inhérents au changement.

Innover est un projet stratégique et la direction générale veillera à défendre un état d’esprit du changement et quelques principes :
•    assurer la communication à toutes les parties prenantes du projet
•    organiser des rencontres et des ateliers d’innovation et laisser de la liberté aux acteurs. La bonne illustration de ce principe est la méthode employée autrefois par Google : laisser aux salariés 20% de leur temps pour travailler sur leurs projets personnels (en lien avec leur activité quand même)
•    pratiquer la théorie des petits pas, on ne change pas toute l’entreprise en une fois. Préférer des chantiers pilotes 
•    plutôt agir selon des méthodes agiles : l’action selon un processus itératif, une succession d’essais-échecs. Il faut s’appuyer sur l’existant, pas décréter qu’on va produire la meilleur idée de la terre
•    laisser du temps au temps, ne pas exiger un retour sur investissement rapide.

La difficulté c’est qu’il n’y a pas de modèle ou de méthode. On a beau réaliser des benchmark très approfondis, multiplier les learning expeditions, il est vain de penser qu’on va pouvoir reproduire ce qui a fonctionné ailleurs.


Attention aux outils


De outils ou des méthodes peuvent aider la démarche d’innovation à condition de ne pas les déifier. Le design thinking, les hackathons ou les learning expeditions sont efficaces si on les emploie à bon escient. « Mais, ajoute Anne-Caroline Paucot, ces méthodes représentent une menace de bureaucratisation de l’innovation. Il existe un phénomène de mode qui diffuse ces outils pris pour une finalité. La tentation est forte de vouloir rationaliser l’innovation. »

Attention donc aux modes successives qui nous font penser que le salut vient de l’imitation du modèle de la Silicon Valley ou, demain, de celui de la Chine.

« Plutôt que de se lancer dans une learning expedition, l’entreprise tirera plus de profit d’envoyer une ou deux personnes à l’étranger avec mission de ramener quelques chose ajoute Anne-Caroline Paucot. »
L’espace de travail : une manière concrète de stimuler l’innovation

 

L’espace de travail n’est évidemment pas à négliger.

C’est une façon de matérialiser les bonnes pratiques de stimulation de l’innovation : mélanger les compétences et les profils, faciliter la communication et le partage, rester agile et en mouvement, éviter la sédimentation des process comme des équipes, …
Cette réorganisation des espaces et en cours dans plusieurs organisations.
En parallèle, faire travailler ses équipes hors de l’entreprise, dans un espace de coworking ou de créativité, leur permettra de profiter d’échanges avec les autres utilisateurs de l’espace comme de s’immerger dans une ambiance propice à l’ouverture d’esprit et à la génération d’idée. 

La société Orange y a même consacré un espace, la Villa Bonne-Nouvelle à Paris, qui permet à des groupes projets de l’entreprise d’intégrer ce coworking interne pour une durée de 9 à 12 mois. La seule difficulté c’est qu’après cette période les équipes ont du mal… à réintégrer leurs bureaux habituels.

Pour aller plus loin, certaines entreprises hébergent leurs équipes « innovation » dans des espaces de coworking extérieurs. Elles profitent ainsi du phénomène « d’innovation ouverte » en se frottant à d’autres utilisateurs de ces espaces.

L’innovation n’est pas une science exacte ; il n’y a pas de recettes miracles. Cependant en appliquant les quelques principes évoqués ci-dessus, on les adaptant au contexte et à la culture de chaque entreprise, vous êtes certains d’augmenter les chances de réussite. 
 

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